Qu'est-ce qu'une volige, qu'est-ce qu'un liteau ?
Une volige est une planche mince et large, clouée horizontalement sur les chevrons de la charpente. Posées les unes au-dessus des autres, les voliges forment un plancher presque continu, le voligeage, avec un jeu de quelques millimètres entre deux planches pour laisser le bois travailler. Les voliges de sapin ou d'épicéa les plus courantes mesurent 18 mm d'épaisseur sur 10 à 20 cm de large, en longueurs de 3 ou 4 m.
Un liteau est un tasseau de bois, lui aussi cloué horizontalement sur les chevrons. Les liteaux sont espacés : l'écartement entre deux liteaux correspond au pureau, c'est-à-dire la partie visible de chaque rang d'ardoises. Entre deux liteaux, on aperçoit la charpente ou l'écran sous toiture.
Les deux supports ont le même rôle : porter les ardoises et leurs fixations, et transmettre à la charpente leur poids et les efforts du vent. Leur dimensionnement et leur fixation sont encadrés par le NF DTU 40.11, la norme de mise en œuvre des couvertures en ardoises naturelles, révisée en décembre 2020.
La pose au clou sur voliges, la méthode angevine
Sur les maisons anciennes de l'Anjou, l'ardoise est traditionnellement clouée. Le couvreur perce chaque ardoise en tête et la fixe sur la volige avec deux clous, placés à au moins 3 cm des bords comme le demande la norme. Les rangs suivants recouvrent les clous : aucune fixation ne reste visible, et le métal, à l'abri de la pluie, vieillit lentement.
Cette pose demande un support continu, donc un voligeage. Elle prend plus de temps que la pose au crochet, et remplacer une ardoise cassée est plus délicat : il faut couper les clous sous les ardoises voisines avec un tire-clou, puis tenir la nouvelle ardoise avec un crochet de réparation ou une agrafe. Elle reste souvent demandée sur les bâtiments protégés et dans les secteurs suivis par l'architecte des Bâtiments de France.
Les clous sont en cuivre ou en acier inoxydable. Un clou qui rouille finit par se rompre ou par agrandir son trou dans le bois, et l'ardoise glisse. Le cuivre et l'inox évitent ce problème, ce qui explique la longévité de nombreuses toitures clouées.
La pose au crochet sur liteaux ou sur voliges
La pose au crochet est la plus répandue sur les chantiers actuels. Chaque ardoise est tenue en partie basse par un crochet en acier inoxydable ou en cuivre, dont l'extrémité recourbée reste visible au pureau. Les crochets inox existent teintés noir pour se fondre dans la couleur de l'ardoise. Depuis la révision de décembre 2020, le NF DTU 40.11 exclut le fil galvanisé pour les crochets d'ardoise.
Sur liteaux, on utilise des crochets à agrafe, qui enserrent le liteau. Sur voliges, on utilise des crochets à pointe, enfoncés dans le bois. La longueur du crochet se calcule à partir du recouvrement des ardoises : la norme retient le recouvrement augmenté de 3 mm, arrondi au centimètre supérieur. Dans les zones et sur les sites les plus exposés au vent, la norme impose un fil plus gros pour les grands formats d'ardoise.
Cette pose est plus rapide et plus régulière. Elle permet surtout de remplacer une ardoise cassée sans déposer ses voisines : on retire les morceaux, on glisse une ardoise neuve et on la bloque sur son crochet.
Quelles essences et quelles sections pour les voliges et les liteaux ?
Voliges et liteaux sont le plus souvent en sapin ou en épicéa, parfois en pin ou en douglas. Le bois doit être sec, droit, sans gros nœuds ni manques sur les zones de clouage. Sous une couverture, il travaille à l'abri mais peut être exposé à une humidité occasionnelle : on choisit un bois de classe d'emploi 2 au minimum, naturellement durable ou préparé en usine pour cet usage.
La section dépend de la charpente. Le NF DTU 40.11 la fixe par tableaux, selon l'écartement des chevrons et les charges de neige et de vent. Quelques repères de chantier :
- Volige : 18 mm d'épaisseur dans la grande majorité des cas, davantage (jusqu'à 27 mm) quand les chevrons sont très écartés
- Liteau : au moins 3,5 cm de largeur d'appui en partie courante, et une épaisseur qui augmente avec l'écartement des chevrons
- Chaque volige ou liteau repose sur au moins trois appuis et se fixe avec deux pointes par chevron dès qu'il dépasse 5 cm de large
- Écartement des liteaux : longueur de l'ardoise moins le recouvrement, divisé par deux. Pour une ardoise de 32 cm et un recouvrement de 10 cm, les liteaux sont espacés de 11 cm
- Le recouvrement lui-même dépend de la pente, de la longueur du versant et de l'exposition au vent
Pourquoi la ventilation sous l'ardoise compte autant
Même sous une couverture étanche, le bois qui porte l'ardoise reçoit l'humidité de l'air, la condensation de l'hiver et parfois un peu d'eau poussée par le vent. Si l'air ne circule pas, cette humidité reste piégée : les voliges noircissent, pourrissent et ne tiennent plus les clous.
Le NF DTU 40.11 demande de ventiler la sous-face des ardoises. Quand un isolant ou un écran est placé sous le support, il faut conserver une lame d'air d'au moins 2 cm, avec des entrées d'air en bas de pente, à l'égout, et des sorties en haut, au faîtage.
Sur liteaux, l'air passe entre les rangs. Sur voliges, la couverture est plus fermée : on pose alors un écran sous toiture respirant sur les chevrons, puis des contre-liteaux verticaux qui créent l'espace ventilé sous le voligeage. Sur une maison ancienne aux combles non aménagés, le volume du grenier assure souvent une partie de cette ventilation, à condition de ne pas le calfeutrer.

Voliges ou liteaux : lequel choisir pour votre toiture ?
Sur une réfection, le choix part de l'existant, de l'état de la charpente et des éventuelles exigences d'urbanisme. Quelques situations fréquentes :
- Maison ancienne en tuffeau, ardoise clouée, voligeage sain : on conserve les voliges et on recloue, ou on repose au crochet à pointe
- Voligeage pourri, trop mince ou mal fixé : dépose, puis voligeage neuf ou liteaux neufs selon la pose retenue
- Maison récente ou extension en pose au crochet : liteaux sur contre-liteaux, au-dessus d'un écran sous toiture
- Bâtiment en secteur protégé : pose au clou sur voliges si l'architecte des Bâtiments de France la demande
- Toiture découpée, avec croupes, arêtiers, noues ou lucarnes : le voligeage offre un support continu pratique pour les coupes et la zinguerie
Quand faut-il remplacer les voliges ou les liteaux ?
Un support bien ventilé dure longtemps, mais il vieillit souvent plus vite que l'ardoise elle-même. Plusieurs signes doivent alerter :
- Des ardoises qui glissent en nombre alors qu'elles ne sont pas cassées : les fixations ne tiennent plus dans un bois fatigué
- Des ondulations visibles sur le versant, entre deux chevrons
- Dans les combles, des voliges noircies, spongieuses ou fendues, des traces de coulure sur les chevrons
- Un bois qui s'effrite sous la pointe d'un couteau ou qui présente des galeries d'insectes
- Une réfection complète en projet : c'est le seul moment où le support est entièrement accessible

Remplacement partiel ou complet du support
Un remplacement partiel est possible quand la zone abîmée est limitée, par exemple sous une ancienne fuite près d'une cheminée ou d'une fenêtre de toit. On dépose les ardoises, on change les voliges ou les liteaux touchés, on vérifie les chevrons, puis on repose la couverture en réemployant les ardoises saines.
Quand le bois est fatigué sur tout un versant, les réparations successives coûtent cher sans régler le problème : la réfection de la couverture devient plus logique. Lors de la dépose, nous contrôlons les chevrons et, si l'un d'eux est abîmé, nous vous le montrons avant d'aller plus loin.
Faire contrôler le support de votre toiture
Depuis le sol, on ne voit ni les voliges ni les liteaux. Nous montons sur la toiture, nous examinons les ardoises, les fixations et le bois, par les combles quand c'est possible, et nous vous expliquons ce que nous avons constaté. Le devis précise le type de support, sa section, la méthode de pose et la ventilation prévue.
Le devis est gratuit. Nous intervenons dans un rayon de 40 km autour d'Angers ; vous pouvez nous joindre au 06 87 29 57 24.


