À quoi sert un écran sous toiture ?
Une couverture en petits éléments, ardoises ou tuiles, n'est pas parfaitement étanche. Par grand vent, la pluie battante et la neige poudreuse peuvent remonter entre les rangs. Sans écran, cette eau tombe sur l'isolant, le plancher des combles ou les plafonds.
L'écran recueille ces entrées d'eau et les conduit jusqu'à l'égout, où il se raccorde à la gouttière. Il limite aussi l'entrée de poussière et d'air froid dans les combles, et il réduit les dégâts si une ardoise casse, le temps de la faire remplacer. Pendant une réfection, une fois posé, il abrite la charpente de la pluie le temps de fixer les liteaux et les ardoises, à condition d'être recouvert rapidement.
C'est une seconde protection, qui ne dispense pas d'entretenir la couverture. Une ardoise glissée ou un abergement percé doivent être réparés, même au-dessus d'un écran neuf.
Écran HPV ou écran non respirant
Les écrans se distinguent par leur perméabilité à la vapeur d'eau, exprimée par la valeur Sd. Plus cette valeur est basse, plus la vapeur qui vient de la maison traverse facilement l'écran.
La norme européenne EN 13859-1 classe aussi les écrans selon leur résistance à la pénétration de l'eau, de W1, la meilleure classe, à W3. Ces indications figurent sur la fiche technique du produit.
- Écran HPV, hautement perméable à la vapeur : Sd inférieur ou égal à 0,10 m. Il laisse sortir la vapeur, et l'isolant peut être posé à son contact
- Écran non HPV, dit non respirant : Sd supérieur à 0,10 m. Il freine la vapeur et demande une lame d'air ventilée au-dessus et en dessous de l'écran
Pourquoi l'écran HPV est le plus recommandé
En rénovation, l'écran HPV simplifie la ventilation et limite le risque de condensation dans l'isolant. C'est aujourd'hui la solution que les fabricants et les guides techniques recommandent le plus souvent pour les toitures en ardoise et en tuile.
Choisissez un écran certifié. Depuis novembre 2015, la pose des écrans souples de sous-toiture est décrite par le NF DTU 40.29, qui complète les normes de pose de chaque couverture, et le CSTB certifie les écrans conformes sous la marque QB 25. Les repères à lire à l'achat sont détaillés dans la section suivante.
Écran sous toiture ou pare-pluie : est-ce la même chose ?
Dans les magasins de matériaux et sur internet, on parle souvent de « pare-pluie de toiture ». Pour un toit, le terme des normes est écran de sous-toiture : une membrane posée sous les ardoises ou les tuiles, dont la pose est décrite par le NF DTU 40.29 et dont les caractéristiques relèvent de la norme NF EN 13859-1.
Au sens strict, le pare-pluie est la membrane posée sur la face extérieure des murs, surtout dans les maisons à ossature bois, derrière le bardage. Il relève de la norme NF EN 13859-2 et, pour ces maisons, du NF DTU 31.2. Il arrête l'eau qui passerait derrière le bardage et laisse sortir la vapeur d'eau du mur.
Les deux produits se ressemblent, et certains sont vendus pour les deux usages : leur fiche technique cite alors les deux normes. Un film présenté seulement comme pare-pluie de façade n'est pas prévu pour la toiture. À l'achat, vérifiez sur la fiche technique et sur le rouleau :
- le marquage CE selon la norme NF EN 13859-1, obligatoire pour un écran posé selon le NF DTU 40.29
- la classe W1 de résistance à la pénétration de l'eau, la seule que retient le NF DTU 40.29
- la valeur Sd : 0,10 m au plus pour un écran HPV ; au-delà, l'écran demande une lame d'air ventilée en sous-face
- le classement E.S.T. des écrans certifiés par le CSTB (marque QB 25) : E1 pour l'étanchéité, S1 pour un écran HPV, puis T1, T2 ou T3 selon l'écartement maximal des chevrons, 45, 60 ou 90 cm
- pour un emploi que le NF DTU 40.29 ne prévoit pas, l'Avis Technique ou le cahier des charges de pose auquel renvoie la fiche technique
Comment se pose un écran sous toiture
L'écran se déroule horizontalement sur les chevrons, de l'égout vers le faîtage. Chaque lé recouvre celui du dessous, en général de 10 cm, et davantage sur les faibles pentes, en suivant les indications du fabricant. En bas du versant, il se prolonge jusqu'à la gouttière pour y évacuer l'eau.
Des contre-liteaux sont cloués par-dessus, dans l'axe de chaque chevron. Ils maintiennent l'écran et créent au-dessus de lui une lame d'air d'au moins 2 cm, continue de l'égout au faîtage, qui évacue l'humidité et laisse l'eau descendre jusqu'en bas. Les liteaux se posent ensuite en travers des contre-liteaux, à l'écartement voulu par l'ardoise ou la tuile. La lame d'air doit rester ouverte en bas du versant et au faîtage, pour que l'air entre à l'égout et ressorte en partie haute.
Sans contre-liteaux, l'écran touche les liteaux : l'air circule mal et l'eau risque de suivre les liteaux et les pointes de fixation. On retrouve parfois ce défaut en déposant d'anciennes couvertures.

Liteaux, contre-liteaux (contre-lattage) et voliges
Les liteaux sont des tasseaux de bois résineux, sapin ou épicéa le plus souvent, posés horizontalement, sur lesquels on fixe les ardoises ou les tuiles. Leur écartement dépend du pureau, la partie visible de chaque ardoise. Pour une pose au crochet, chaque crochet est planté dans un liteau.
Les contre-liteaux, aussi appelés contre-lattes, sont posés dans le sens de la pente, entre l'écran et les liteaux : c'est le contre-lattage. Les voliges sont des planches posées sur les chevrons, jointives ou légèrement espacées : elles servent de support à la pose de l'ardoise au clou et aux couvertures en zinc.
En réfection, les anciens liteaux sont en général remplacés. Ils ont souvent l'âge de la couverture, et beaucoup ont séché, se sont fendus ou ont pourri. La dépose permet aussi de contrôler les chevrons avant de poser l'écran.

Quand l'écran sous toiture est-il obligatoire ?
L'écran n'est pas exigé sur toutes les toitures. Les règles de pose des couvertures, rassemblées dans les normes NF DTU de la série 40 (une par matériau), le rendent nécessaire ou fortement recommandé dans certaines situations. La réponse précise dépend du matériau, de la pente mesurée, de la longueur du rampant et de l'exposition du site : le couvreur la vérifie avant de chiffrer. Les situations les plus courantes sont les suivantes.
- Une pente proche du minimum admis pour le matériau, compte tenu de la région et de l'exposition
- Un rampant long, où l'eau et le vent chargent le bas du versant
- Un site exposé au vent ou à la neige poudreuse
- Un comble aménagé ou isolé sous la toiture, où la moindre entrée d'eau touche directement l'isolant et les plafonds
Peut-on ajouter un écran sans refaire la couverture ?
En général, non. Un écran sous toiture se pose sur les chevrons, sous les contre-liteaux et les liteaux. Pour l'installer, il faut déposer les ardoises ou les tuiles, puis les liteaux, versant par versant. C'est pourquoi on le prévoit lors d'une construction ou d'une réfection complète. Remplacer quelques ardoises ne permet pas non plus d'en glisser un morceau : pour jouer son rôle, l'écran doit être continu jusqu'à la gouttière.
Il existe des membranes que l'on agrafe par l'intérieur, entre les chevrons. Elles ne forment pas une nappe continue qui descend jusqu'à la gouttière : l'eau recueillie n'a pas de sortie prévue et risque de finir sur la sablière ou dans l'isolant. Elles ne remplacent pas un écran posé par l'extérieur selon les règles de pose.
Si votre couverture est encore en bon état pour de longues années, l'absence d'écran ne constitue pas un défaut en soi. De nombreuses toitures anciennes et très pentues de l'Anjou n'en ont jamais eu. L'écran se prévoit pour le jour où la couverture sera refaite.
Durée de vie d'un écran sous toiture
À l'abri de la lumière, sous une couverture bien ventilée, un écran actuel dure plusieurs décennies : les fabricants et les guides spécialisés citent souvent 20 à 50 ans selon le type d'écran. Sa principale faiblesse est le soleil pendant le chantier, car les UV l'abîment : il doit être recouvert rapidement après la pose.
Lors d'une réfection, on découvre parfois un écran d'ancienne génération, bitumé ou en film plastique non respirant, déchiré, cassant ou collé aux liteaux. Il est alors déposé avec la couverture et remplacé. Un écran déchiré par endroits laisse passer l'eau aux points qu'il devait protéger, et il ne se répare pas durablement sans déposer la couverture au-dessus.
Autour d'Angers, beaucoup de maisons de tuffeau ont des toits d'ardoise posés à l'origine sans écran, parfois au clou sur voliges. Quand leurs combles ont été aménagés depuis, l'écran devient très utile lors de la réfection, puisque l'isolant et les plafonds se trouvent juste sous la couverture.
Faire chiffrer une réfection avec écran sous toiture
Nous refaisons les toitures en ardoise dans un rayon de 40 km autour d'Angers : dépose, contrôle des chevrons, écran sous toiture respirant quand la configuration le permet, contre-liteaux, liteaux et couverture neuve. Le devis détaille chaque poste et il est gratuit.
Pour situer le budget, les guides de prix estiment l'écran de l'ordre de 5 à 30 € le m² posé, davantage quand les contre-liteaux et les liteaux neufs sont comptés dans la même ligne. Ces moyennes de marché, hors échafaudage, ne sont pas nos tarifs et se confirment par le devis.
Une réfection à l'identique ne demande en général pas d'autorisation ; en secteur protégé, renseignez-vous en mairie avant les travaux. Pour une visite, appelez le 06 87 29 57 24.



