À quoi sert le solin de cheminée ?
La souche de cheminée traverse la couverture. En amont, l'eau qui descend le versant bute contre la maçonnerie et s'accumule ; sur les côtés, elle ruisselle le long des briques ou des pierres. Le solin ferme la jonction entre la souche et les ardoises ou les tuiles, pour que cette eau reste au-dessus de la couverture.
Le mot recouvre deux choses sur les chantiers. Au sens strict, le solin est la partie qui ferme le haut de l'étanchéité contre la maçonnerie : un bourrelet de mortier, ou une bande de métal fixée dans le mur. Dans le langage courant, on appelle aussi solin l'ensemble de l'étanchéité autour de la cheminée, que les couvreurs nomment abergement quand il est en métal.
Une souche présente donc plusieurs points sensibles : l'amont, où l'eau s'accumule, les deux côtés, où elle ruisselle, l'aval, où elle doit repasser sur la couverture, et le couronnement en haut de la souche, qui protège la maçonnerie elle-même.
Solin au mortier ou abergement en zinc ou en plomb
Le solin au mortier est la solution traditionnelle : un talus de mortier de chaux ou de ciment raccorde la souche à la couverture. Il est économique et discret. Il suit mal les mouvements de la charpente et les écarts de température : avec les années, il se fissure, se décolle de la maçonnerie, et l'eau passe par la fissure.
Le zinc est le matériau le plus courant pour les abergements métalliques. Façonné et soudé sur place à la dimension de la souche, il dure plusieurs dizaines d'années quand il est bien posé. Le plomb, très malléable, épouse les formes irrégulières d'une souche ancienne en pierre ou d'un raccord difficile. Dans les deux cas, le métal doit rester libre de se dilater : un abergement cloué de partout ou noyé dans le mortier finit par se déchirer.
En zinc comme en plomb, l'abergement se compose de plusieurs pièces qui se recouvrent :
- une bavette en aval, posée sur la couverture au pied de la souche
- sur les côtés, des bandes ou des noquets, petites pièces pliées glissées sous chaque rang d'ardoises
- une besace en amont, qui renvoie l'eau de part et d'autre de la souche
- une bande de solin qui recouvre le haut de ces pièces, encastrée dans une engravure, une saignée creusée dans la maçonnerie, ou fixée par un profilé avec un joint de mastic

Les signes d'une infiltration autour de la cheminée
Une infiltration par le solin se repère souvent de l'intérieur avant d'être visible sur le toit :
- une auréole brune ou jaune au plafond ou en haut du mur, contre le coffrage du conduit
- une peinture qui cloque ou un plâtre qui s'effrite autour de la cheminée, à l'étage
- dans les combles, des chevrons ou des voliges noircis ou humides près de la souche
- des traînées d'humidité ou des dépôts blanchâtres sur la maçonnerie du conduit dans le grenier
- vus du jardin, un mortier fissuré au pied de la souche, une bande de zinc décollée ou un joint de mastic craquelé
- des joints de brique creusés ou un couronnement fendu en haut de la souche
D'où vient l'eau : solin, souche ou conduit ?
Les traces apparaissent souvent après une pluie poussée par le vent et restent absentes lors d'averses calmes : l'eau n'entre que lorsqu'elle frappe la souche du côté abîmé. Quand le doute persiste, on arrose la souche zone par zone, en commençant par le bas, pendant qu'une personne surveille les combles : l'endroit où l'eau apparaît désigne le point faible.
Sur place, nous regardons successivement :
- le solin ou l'abergement : fissures, décollement, zinc percé ou soulevé, mastic sec
- la souche elle-même : joints de brique ou de pierre creusés, briques éclatées, enduit fendu, couronnement fissuré qui laisse entrer l'eau par le haut
- la couverture voisine : ardoises cassées ou glissées en amont, noquets déplacés, besace encombrée de feuilles
- la tête de conduit : mitre ou mitron cassé, souche ouverte à la pluie
Quand la tache ne vient pas du toit
Toutes les traces brunes ne sont pas des infiltrations d'eau de pluie. Un conduit mal isolé, ou utilisé avec du bois humide, peut produire une condensation chargée de suie, le bistre, qui traverse la maçonnerie et tache les murs. Dans ce cas, refaire le solin ne change rien : c'est le conduit qu'il faut faire examiner par un ramoneur ou un fumiste.
Le diagnostic se fait donc sur le toit et dans les combles, où les traces se lisent mieux peu après une pluie, avant de décider quoi réparer.
Comment se répare un solin de cheminée ?
Un mastic ou une bande adhésive posé sur une fissure peut arrêter l'eau le temps de programmer la réparation. Ces produits vieillissent au soleil, se décollent avec les mouvements de la souche et ne remplacent pas un abergement façonné.
Un abergement neuf se pose sur une couverture en bon état. Si les ardoises autour de la souche sont fatiguées ou si les voliges sont pourries, mieux vaut les reprendre en même temps, pendant que la zone est ouverte. Dans un site patrimonial remarquable ou aux abords d'un monument historique, un changement d'aspect du solin peut demander l'accord de l'architecte des Bâtiments de France.
Selon le diagnostic, les réparations courantes sont les suivantes :
- Mortier fissuré sur une faible longueur, abergement sain : reprise du solin et du joint de la bande
- Solin au mortier dégradé sur tout le pourtour : dépose et remplacement par un abergement en zinc ou en plomb
- Abergement ancien percé ou corrodé : dépose des ardoises autour de la souche, façonnage et pose d'un abergement neuf, repose des ardoises
- Joints de souche creusés ou couronnement fendu : rejointoiement, remplacement des briques abîmées et reprise du couronnement
Combien coûte la réparation d'un solin de cheminée ?
Les montants suivants sont des moyennes de marché constatées en France en 2025-2026 dans des guides de prix spécialisés. Ils sont indicatifs, ne correspondent pas à nos tarifs et sont à confirmer par un devis après visite.
- Reprise localisée d'un solin ou d'un joint : environ 200 à 500 €
- Abergement en zinc ou en plomb refait entièrement sur une souche courante : environ 600 à 1 500 €
- Bande de solin métallique, pose comprise : environ 120 à 250 € le mètre linéaire
- Le prix augmente avec la hauteur et l'accès, qui peuvent imposer un échafaudage ou une nacelle, la taille de la souche, le matériau, les ardoises à reprendre et l'état de la maçonnerie
Ramonage et tubage : l'affaire du ramoneur et du fumiste
Le conduit de fumée, à l'intérieur de la souche, relève du ramoneur et du fumiste. En Maine-et-Loire, le règlement sanitaire départemental impose de faire ramoner les conduits en service par une entreprise qualifiée, deux fois par an dont une pendant la période de chauffe, ou une fois par an pour certains conduits raccordés au gaz. Le ramoneur remet un certificat, à conserver.
Le même règlement demande de vérifier les souches et leurs accessoires lors des ramonages. Si le ramoneur signale un couronnement fissuré ou un solin décollé, faites intervenir un couvreur. Nous ne réalisons ni ramonage ni tubage : nous intervenons sur l'étanchéité entre la souche et la toiture, et sur la maçonnerie extérieure de la souche.
Faire vérifier le solin de votre cheminée
Une infiltration autour d'une cheminée abîme d'abord ce qu'on ne voit pas : voliges, chevrons, plâtre. Reprise tôt, la réparation reste souvent limitée au solin ou à l'abergement.
Nous venons voir la souche, la couverture autour et les combles, puis nous vous remettons un devis gratuit. Nous intervenons dans un rayon de 40 km autour d'Angers : 06 87 29 57 24.





